Maîtrise de la langue en 2027 : EvalIA relève les fautes de chaque copie, vous gardez la décision
À partir de la session 2027, chaque épreuve écrite du DNB et du bac réserve au moins deux points à la maîtrise de la langue. EvalIA relève les erreurs d'orthographe de chaque copie, propose un palier de la grille officielle et vous laisse trancher. Voici comment, et ce que l'outil ne fait pas.
Depuis le BO spécial n° 4 du 17 septembre 2026, c'est écrit noir sur blanc : à la session 2027, chaque épreuve écrite du DNB et du baccalauréat consacre au moins deux points à la maîtrise de la langue. Le français n'est plus seul concerné. En SVT, « deux points sur quinze sont spécifiquement dédiés à la maîtrise des normes orthographiques et syntaxiques ». En SES, en management, en mathématiques, en physique-chimie, la langue a désormais sa ligne au barème.
Pour beaucoup d'entre vous, c'est une pratique nouvelle, et une question très concrète se pose devant un paquet de trente copies : comment situer chaque copie sur la grille officielle de la même façon, de la première à la dernière ? Entre des « erreurs fréquentes et/ou répétées » et des « erreurs ponctuelles » qui « ne se répètent pas de façon systématique », la frontière se joue souvent à quelques fautes près.
C'est ce que nous avons voulu outiller. Dans EvalIA, quand votre barème note la maîtrise de la langue, chaque copie reçoit désormais un relevé de ses erreurs d'orthographe, rangées par règle, et un palier proposé sur la grille officielle. Ce palier reste une proposition : c'est vous qui décidez.
Ce que dit le texte
La note de service qui encadre ces épreuves (NOR MENE2623195N) donne une grille commune à toutes les disciplines. Elle décrit quatre dimensions : l'orthographe, la syntaxe et la construction des phrases, le lexique, la mise en forme et l'organisation de la réflexion. Chacune se lit sur quatre paliers, de « Très insuffisant » à « Très satisfaisant ».
Pour l'orthographe, les paliers parlent de fréquence et de répétition, jamais d'un nombre de fautes :
- Très insuffisant : « Erreurs très fréquentes, notamment sur des règles simples (accords sujet-verbe, accords dans le groupe nominal, etc.). »
- Insuffisant : « Erreurs fréquentes et/ou répétées (accords, conjugaison, homophones, etc.). »
- Satisfaisant : « Erreurs ponctuelles, lexicales ou grammaticales (accords, homophones grammaticaux, etc.), mais qui ne se répètent pas de façon systématique. »
- Très satisfaisant : « Orthographe lexicale et grammaticale maîtrisée ; erreurs rares, isolées, sans caractère systématique. »
Le texte demande aussi de tenir compte « des aménagements ou adaptations du candidat en lien avec l'orthographe et la syntaxe ». En revanche, il ne dit pas combien de points vaut chaque palier quand la langue compte pour un ou deux points : cette conversion reste l'affaire du correcteur.
Vos barèmes portent déjà la ligne de langue
Le générateur de barèmes d'EvalIA suit la session 2027. Pour une épreuve concernée, le barème produit comporte la ligne de maîtrise de la langue et recopie la grille officielle mot pour mot, pour que vous corrigiez avec le texte du jury et non avec une paraphrase. En SVT par exemple, l'écrit se lit désormais « exercice 1 sur 6, exercice 2 sur 7, et 2 points de langue ».
Pour un exercice corrigé seul, EvalIA réserve 1 point de langue : les deux exercices réunis retrouvent ainsi les deux points du texte. Cette répartition est la nôtre, le texte ne dit rien d'un exercice isolé, et nous l'ajusterons si des précisions officielles paraissent.
Vous ne voulez pas noter la langue sur un devoir donné ? Une case « Noter la maîtrise de la langue », au moment de générer le barème, vous permet de l'écarter : les points reviennent alors à la discipline.
Le modèle relève, le code positionne, vous décidez
Le relevé se fait en trois temps, et chacun a son rôle.
Un relevé, faute par faute
L'IA relève chaque erreur avec le passage de la copie où elle se trouve, sa correction, et la règle en cause :
- accords sujet-verbe ;
- accords dans le groupe nominal ;
- accords du participe passé ;
- homophones grammaticaux (a/à, et/est, ces/ses…) ;
- conjugaison ;
- orthographe des mots.
Les accents sont signalés à part et ne comptent pas. La ponctuation, les majuscules, les abréviations et le style ne sont pas relevés : la dimension « Orthographe » de la grille n'en parle pas, le relevé s'y tient.
Une règle ne souffre aucune exception : une faute n'entre dans le relevé que si elle figure, telle qu'écrite, dans le texte de la copie. L'outil n'a pas le droit d'inventer une faute.
Un palier calculé, toujours de la même façon
Le palier proposé n'est pas une impression. Il est calculé par des règles fixes, les mêmes pour toutes les copies, à partir des trois notions que nomme la grille : la fréquence des erreurs rapportée à la longueur du texte rédigé, les fautes qui se répètent, et celles qui portent sur les règles simples. Deux copies semblables reçoivent le même palier, que ce soit la première ou la trentième du paquet.
La syntaxe, le lexique et l'organisation du propos ne se comptent pas. C'est l'IA de correction qui les apprécie, en s'appuyant sur le palier d'orthographe, pour proposer les points du critère de langue. Comme toute la correction, cette proposition passe par votre relecture.
Vous décidez
Dans « Mes corrections », chaque copie concernée a sa section « Orthographe : relevé des erreurs » : le palier proposé, le nombre d'erreurs comptées, et les erreurs rangées par règle. Un clic sur une erreur place la copie sur le mot fautif, encadré ; les autres erreurs de la page restent encadrées, ce qui donne à voir d'un coup d'œil ce que « fréquent » veut dire sur cette copie.
Une erreur n'en est pas une ? Une graphie ambiguë, une forme admise, un mot que vous lisez autrement ? Cochez « pas une faute » : la ligne sort du compte et le palier est recalculé. Les points du critère de langue, eux, ne bougent pas d'eux-mêmes : vous les ajustez si vous le jugez utile.
Une copie manuscrite ne se lit pas comme un texte tapé
C'est la difficulté propre à l'orthographe sur copie papier : une lettre mal formée peut ressembler à une faute. Un « n » un peu fermé devient un « m », et « nous » se lit « mous ». Sanctionner ce genre de lecture reviendrait à noter l'écriture de l'élève, pas sa maîtrise de la langue.
Deux précautions en découlent. La première : la transcription sur laquelle porte le relevé est faite par un modèle qui conserve les fautes de l'élève au lieu de les corriger en lisant, et le relevé ne tient jamais compte de la seule forme des lettres. La seconde : quand une page n'a pas pu être lue en entier, aucun palier n'est proposé, et la correction vous le dit : « Relevé orthographique indisponible pour cette copie ». De même pour une réponse de quelques lignes : on ne mesure pas une fréquence sur trois phrases.
Nous préférons ne rien proposer plutôt qu'un palier tiré d'une lecture douteuse.
Éprouvé sur de vraies copies
Avant de vous le proposer, nous avons comparé le palier du relevé à celui que pose un enseignant. Sur 34 copies réelles, de SVT de seconde et d'EMC de collège, l'enseignant a posé son palier sans voir la proposition de l'outil.
- Dans 29 copies sur 34, les deux paliers sont identiques.
- Aucune copie ne s'écarte de plus d'un palier.
- Quand ils diffèrent, c'est toujours l'outil qui est un cran plus sévère.
Ces paliers ont été posés par un seul enseignant, et nous poursuivons la comparaison avec d'autres disciplines et d'autres regards. Le sens de l'écart est, lui, une raison de plus pour que le dernier mot vous revienne.
Vous gardez la main, copie par copie
Le relevé ne s'impose nulle part.
- Pour tout un paquet : au lancement de la correction, une case « Relever l'orthographe » apparaît quand le barème note la langue. Elle est cochée par défaut ; décochez-la pour un devoir d'entraînement, par exemple. Votre choix est retenu pour ce barème sur cet appareil, et une recorrection le reprend.
- Pour un élève : dans le menu d'aménagement de sa copie, l'entrée « Ne pas évaluer l'orthographe » l'exempte du relevé, quelle qu'en soit la raison, sans lui attribuer d'étiquette. Un poignet cassé, une arrivée récente en France, une situation que vous connaissez : vous n'avez pas à vous justifier.
- Pour les aménagements : une copie portant un aménagement dys, dysphasie ou allophone n'est pas relevée. Conformément au texte, son orthographe n'est pas pénalisée, et l'appréciation l'indique simplement : « Orthographe non évaluée ».
Ce que le relevé ne fait pas
- Il ne décide pas à votre place. Le palier est une proposition ; le compte, les règles et les citations sont là pour que vous puissiez la vérifier en quelques secondes.
- Il ne se montre pas aux élèves. C'est un outil de correction, pour vous.
- Il ne compte pas les accents, ni la ponctuation, ni le style.
- Il ne tourne pas quand votre barème ne note pas la langue.
- Il ne touche pas aux dictées ni aux exercices de grammaire : la langue y est l'objet même de l'évaluation, et votre barème compte les fautes à sa façon. Leur correction reste celle que vous connaissez.
- Il suit le BO français : il s'applique aux établissements de France, dont la grille officielle est celle de la session 2027.
- Il ne coûte rien de plus : il est compris dans la correction de la copie.
En résumé
- À la session 2027, chaque épreuve écrite du DNB et du bac réserve au moins deux points à la maîtrise de la langue, sur une grille officielle commune.
- EvalIA relève les erreurs d'orthographe de chaque copie, rangées par règle, chacune retrouvée sur la copie.
- Un palier de la grille est calculé par des règles fixes, identiques pour toutes les copies.
- Vous retirez ce qui n'est pas une faute, le palier se recalcule, et vous fixez les points.
- Un paquet, un élève ou un aménagement peuvent être exemptés, sans justification.
Pour aller plus loin
- Comment l'IA évalue vos copies : le parcours complet d'une copie dans EvalIA
- La double correction : un luxe d'examen qui devient le régime ordinaire de vos copies
- Le barème explicite : chaînon manquant entre l'enseignant et l'IA
- Déléguer la notation à une IA : ce qui est vraiment interdit, ce qui est vraiment permis
- Adapter ses supports pour les élèves en situation de handicap : la recherche, le RGPD, et ce qu'EvalIA fait concrètement
- Dans la peau d'un prof de SVT en collège : une année cycle 4 avec EvalIA
- Dans la peau d'un prof de français en collège : une année cycle 3 et cycle 4 avec EvalIA
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