Dans la peau d'un prof de physique-chimie en collège : une année cycle 4 avec EvalIA
Récit complet : comment un enseignant de physique-chimie en collège, avec ses classes de cinquième, quatrième et troisième, traverse une année scolaire entière avec EvalIA. De la progression annuelle posée fin août sur le calendrier réel à l'épreuve de sciences du DNB le 29 juin, en passant par les comptes rendus de TP, les schémas de montage et les circuits normalisés, les unités et les ordres de grandeur, le portfolio élève et le partage de documents. Avec un usage soutenu de l'analyse de schémas deux passes et du barème qui valorise la démarche.
Il est dix-neuf heures trente, un mardi de la dernière semaine d'août. La rentrée est dans onze jours. Le service est connu depuis fin juin : douze classes de cycle 4, quatre cinquièmes, quatre quatrièmes, quatre troisièmes, chacune avec une heure trente de physique-chimie par semaine, soit les dix-huit heures réglementaires. Et pour les quatre classes de troisième, un horizon devenu brûlant en avril : les deux disciplines tirées pour l'épreuve de sciences du brevet, session 2026, sont les sciences de la vie et de la Terre et la physique-chimie. L'épreuve tombera le lundi 29 juin, soixante minutes, vingt-cinq points pour chaque discipline. La collègue de SVT et lui sont donc, cette année, dans le même bateau, chacun sur sa moitié de l'épreuve. Le récit de l'année vue de son côté à elle existe d'ailleurs déjà : Dans la peau d'un prof de SVT en collège. Voici la même épreuve, le même 29 juin, vus depuis la salle de physique.
C'est dans ce contexte, un soir d'août, que se prend la décision de tester EvalIA. Le récit qui suit n'est pas une publicité ni un tutoriel : c'est une chronologie possible, fidèle à ce que permet aujourd'hui l'outil, d'une année scolaire entière vue par un enseignant de physique-chimie en collège. Pour le contexte général, le comparatif des six outils du marché et IA et correction de copies : ce qui change pour les enseignants posent le décor.
Fin août : préparer la rentrée
Le compte se crée en deux minutes, sur adresse académique uniquement. Discipline cochée : « Physique-Chimie ». Pour la liste complète des onze disciplines disponibles, voir Huit disciplines, et plus à venir.
Avant même d'ouvrir l'Atelier, le profil d'évaluation. C'est une fiche, en quelques lignes, où l'enseignant décrit sa philosophie de notation, et en physique-chimie elle a une couleur bien à elle. Exigeant sur les unités : un résultat numérique sans unité est un résultat incomplet, et il doit être signalé comme tel, systématiquement. Attentif aux ordres de grandeur : une masse de tabouret à quatre tonnes doit déclencher un commentaire, même si le calcul qui y mène est cohérent. Attaché à la démarche plus qu'au résultat : une méthode juste avec une erreur de calcul vaut plus qu'un résultat exact tombé du ciel, et une erreur commise tôt ne doit pas être resanctionnée à chaque ligne qui la propage. Indulgent sur la rédaction tant que le raisonnement scientifique est lisible. Tout cela devient un texte de référence réinjecté dans chaque génération de barème et chaque correction. L'IA ne notera pas dans le vide, elle notera comme on lui a demandé de le faire (Profils d'évaluation : votre philosophie de notation, partagée avec l'IA).
Vient le profil de mise en page (logo du collège, palette sobre, en-tête personnalisé), puis les classes, douze au total, importées depuis Pronote via le bridge. Pour un élève dyspraxique avec PAP en quatrième, dont l'écriture et le geste graphique sont coûteux, un profil d'adaptation inclusive est configuré : schémas à compléter plutôt qu'à construire intégralement, police agrandie, consignes découpées. Ces paramètres seront automatiquement pris en compte à chaque génération de sujet pour sa classe et à chaque passage d'une de ses copies dans le moteur de correction (Adapter ses évaluations aux élèves à besoins particuliers avec l'IA).
Deux derniers réglages, optionnels mais utiles. La page Coefficients permet de pondérer les compétences du socle travaillées en physique-chimie (pratiquer des démarches scientifiques, concevoir et réaliser, utiliser des outils et des méthodes, pratiquer des langages scientifiques). Et le Guide des exercices répertorie, pour chaque format de travail en physique-chimie au collège (exercice de cours, résolution de problème, exploitation documentaire, compte rendu de TP, devoir surveillé, épreuve DNB sciences), les critères d'évaluation par défaut, les compétences associées et les attendus du programme de cycle 4.
Reste le geste le plus structurant de cette fin août : poser l'année elle-même. Le module Progression annuelle du Studio permet de construire une progression par niveau, trois en tout. Pour les cinquièmes et les quatrièmes, les trames de l'an dernier sont importées d'un simple copier-coller : EvalIA les structure en chapitres et les cale sur le calendrier réel de la zone, vacances et jours fériés décomptés. Pour les troisièmes, l'enjeu DNB justifie de repartir du programme : le squelette est généré depuis le programme officiel, les quatre thèmes du cycle (organisation et transformations de la matière, mouvement et interactions, l'énergie et ses conversions, des signaux pour observer et communiquer) découpés en chapitres avec leurs notions, leurs compétences et leurs jalons d'évaluation. La frise affiche d'emblée ce que le papier ne montrait jamais : avec une heure trente par semaine et une épreuve le 29 juin précédée d'un mois de révisions, l'année utile des troisièmes s'arrête fin mai. Un chapitre se déplace en le glissant, s'étire, se scinde, et tout se recalcule en direct. Le fonctionnement complet est détaillé dans Progression annuelle : construisez et pilotez votre année sur le vrai calendrier.
La soirée y est passée entière, mais le décor est planté comme il ne l'avait jamais été. La rentrée peut venir.
Septembre : la première séquence
La rentrée est passée. En cinquième, l'année s'ouvre sur les mélanges et les corps purs, porte d'entrée classique du thème « Organisation et transformations de la matière », avec ses expériences fondatrices : décantation, filtration, vaporisation, et la question de l'eau.
Le réflexe est d'ouvrir d'abord le hub Sources du Studio et d'y déposer ce que les années précédentes ont accumulé : le manuel en PDF, les protocoles de TP rédigés au fil des ans, les fiches de sécurité au laboratoire, des sujets de DNB des sessions passées. Tous les formats sont acceptés (PDF, DOCX, PPTX, images). Les programmes officiels, eux, sont déjà indexés nativement dans la banque des programmes. Les documents s'organisent en dossiers et sont indexés en quelques minutes pour la recherche sémantique : une fois là, ils alimentent l'Atelier, le chatbot d'entraînement, la génération d'exercices.
Puis l'Atelier s'ouvre, directement depuis le premier chapitre de la progression de cinquième, qui pré-remplit la discipline, le niveau, le thème et le contexte du chapitre. Mode « Séquence ». En trente secondes, l'IA produit une séquence complète : séances avec accroche, activité expérimentale, mise en commun, trace écrite, minutage réaliste, modalité de travail, matériel nécessaire. Une grille de différenciation accompagne chaque séance, une évaluation sommative est proposée en clôture. Quelques échanges suffisent à la retravailler : « Remplace l'activité d'ouverture de la séance 2 par la décantation d'une eau boueuse apportée en classe. » « Ajoute en séance 4 la construction du schéma de montage de la filtration. » L'IA modifie exactement ce qui est demandé, sans toucher au reste (Séquences pédagogiques : planifiez vos séances dans l'Atelier).
Septembre : la grandeur, l'unité, la formule
C'est ici que la physique-chimie révèle sa première singularité : c'est la discipline de la mesure. Une tension en volts, une intensité en ampères, une masse volumique en grammes par centimètre cube, une vitesse en mètres par seconde. Les énoncés générés par EvalIA rendent les formules nativement : U = R × I s'affiche comme une vraie relation, une masse volumique avec sa fraction, une conversion avec ses puissances de dix proprement composées. Quiconque a déjà bataillé avec un éditeur d'équations pour un simple quotient mesure le gain quotidien.
La seconde singularité est graphique : la physique-chimie vit de schémas normalisés. Un circuit électrique avec ses symboles NF, un montage de chimie avec sa verrerie, un schéma optique avec ses rayons. Pour la séquence de cinquième, il faut un schéma de montage de la filtration : entonnoir, papier filtre, bécher, légendes nettes. Le module Visuels IA en produit un en quelques secondes sur description en langage naturel, et l'éditeur d'images intégré permet d'en corriger un détail sans tout régénérer, puis d'en dériver une version sans légendes à faire compléter par les élèves : deux versions du même schéma en trois minutes (Retouchez vos visuels IA directement dans EvalIA). Le réflexe se prolongera toute l'année, des circuits de quatrième aux schémas de centrales de troisième.
Fin septembre : le premier compte rendu de TP
À la fin de la séquence, le premier travail noté de l'année prend la forme classique de la discipline : un compte rendu de TP d'une heure, avec une démarche d'investigation (comment rendre limpide cette eau boueuse ?), un protocole à décrire, un schéma de montage à construire, des observations à consigner et une conclusion.
L'Atelier rouvre, en mode Exercice. Type : compte rendu de TP. Niveau : cinquième. EvalIA propose un sujet structuré, avec rappel du dispositif, consignes guidées et grille des compétences évaluées. La banque d'exercices d'EvalIA, qui compte environ deux mille deux cents exercices indexés dont deux cent cinquante spécifiques à la physique-chimie, sert de référence interne pour calibrer la difficulté, sans copier d'annale existante. Le sujet est exporté en PDF avec l'en-tête du collège et sauvegardé dans Mes contenus, la bibliothèque unique du Studio qui rassemble tout ce qui a été produit dans l'année (fiches, séquences, visuels, sujets), filtrable par type et par niveau, retrouvable d'une recherche.
Reste le barème, et la physique-chimie y impose la même loi que les mathématiques : on n'évalue pas une démarche scientifique en faisant la moyenne des questions, on attribue des points par étape de raisonnement, en valorisant la méthode. EvalIA respecte cette doctrine : le barème généré distingue, pour chaque question, le résultat juste, la méthode correcte malgré une erreur d'exécution, l'unité présente ou absente, et il prévoit une ligne dédiée à la qualité du schéma de montage. L'éditeur visuel permet de déplacer du poids, d'ajouter un descripteur, de reformuler un attendu. Vingt minutes suffisent, et le barème rejoint Mes Barèmes pour les années suivantes. Avoir un barème explicite posé avant la correction est précisément ce que la recherche en docimologie identifie comme le levier le plus puissant pour la fiabilité des corrections.
Le soir du TP : la chaîne de correction
Le contrôle se déroule un vendredi. À la fin de la séance, vingt-huit copies, chacune avec son schéma de montage dessiné à main levée. Le scénario habituel : trois heures de correction sur le week-end, avec la double difficulté du calcul à suivre ligne à ligne et du schéma à évaluer. Cette fois, autre scénario.
Avant la fin de l'heure, un dépôt élève a été ouvert dans EvalIA, barème associé. Lien public et code à six chiffres projetés au tableau, smartphones autorisés dans le cadre d'une dérogation pédagogique conforme au règlement intérieur : chaque élève photographie sa copie et la dépose. Le module accepte PDF, JPEG et HEIC, compresse côté client, affiche en temps réel qui a déposé. À aucun moment l'enseignant n'a scanné quoi que ce soit ; les originaux restent dans la pochette.
La correction se lance en un clic (ou automatiquement à la réception, si l'option a été cochée), et tout se passe en arrière-plan. Chaque copie est d'abord anonymisée, prénoms chiffrés, avant le moindre traitement. Puis deux lectures se combinent. Les calculs manuscrits, avec leurs fractions, leurs puissances de dix et leurs conversions, sont lus directement dans les images de la copie par le moteur multimodal, sans transcription intermédiaire à relire. Et les schémas font l'objet de l'analyse en deux passes : une première passe détecte les zones de schéma dans la copie et les recadre, une seconde analyse chaque schéma isolément, avec des critères propres à la physique-chimie : symboles normalisés, sens du courant, connexions du circuit, verrerie correcte, sécurité du montage, unités sur les axes d'un graphique. Le mécanisme est documenté dans Analyse des schémas scientifiques : comment l'IA évalue les dessins de vos élèves.
Le barème est alors appliqué, critère par critère, avec pour chaque score une justification appuyée sur des éléments précis de la copie (« le protocole est complet mais l'entonnoir et le bécher sont intervertis sur le schéma », « la conversion des millilitres en litres est juste, l'unité manque au résultat final », « la conclusion répond à la question posée en s'appuyant sur l'observation »), et un commentaire formatif. Le résultat tient en une fiche par élève : note, décomposition, profil de compétences, synthèse. Pour les garde-fous anti-hallucinations qui empêchent l'IA de noter des éléments absents ou de pénaliser deux fois la même erreur (ce qui en physique-chimie compte doublement, une erreur de conversion se propageant sur tout un exercice), voir Comment l'IA évalue vos copies en détail.
Quand la notification tombe, l'enseignant ouvre Mes Corrections. L'IA propose. L'enseignant décide. On relit, on ajuste un score, on réécrit un commentaire, on ajoute une annotation manuscrite (« ton montage fonctionnerait, mais pense au support : l'entonnoir ne tient pas tout seul »). Sur les vingt-huit copies, une poignée demande une intervention substantielle, la majorité une retouche fine. Toutes les modifications sont tracées (Correction manuelle et annotation : chaque enseignant sa méthode).
Le samedi en milieu de matinée, le paquet est validé. Et ce que reçoit chaque élève le lundi a changé de nature : une note décomposée, l'élément précis de sa copie qui justifie chaque score, un commentaire qui ne dit pas « schéma faux » mais nomme exactement ce qui cloche, un profil de compétences en radar. En physique-chimie, où l'élève confond si souvent « je me suis trompé dans le calcul » et « je n'ai rien compris », ce retour fin est exactement ce qui permet de continuer (Corriger les copies avec l'IA : guide d'adoption).
Début octobre : restituer, partager, remédier
Le portfolio est activé pour les douze classes depuis la page Mes Élèves : un code personnel par élève, un QR code de classe projeté, et chaque élève accède à un espace personnel sans compte, sans mot de passe, sans cookie. Il y retrouve sa copie, sa note critère par critère, son radar de compétences, et peut signaler « j'ai compris » ou « j'ai besoin d'aide » (Portfolio élève : un hub unique pour suivre son parcours).
Le portfolio est aussi devenu le canal de distribution des documents. Dans Mes contenus, chaque document porte un bouton « Partager aux élèves ». La fiche méthode « Réussir un schéma de montage » est partagée aux classes de cinquième ; la fiche « Convertir sans se tromper », elle, est partagée aux seuls élèves dont les conversions ont flanché, le ciblage pouvant viser la classe entière ou une sélection d'élèves. Chacune apparaît dans la section « Mes documents » du portfolio, lisible en ligne, imprimable, révocable. Et quand un élève clique « j'ai besoin d'aide » avec une question sur la masse volumique, un support de coup de pouce se génère dans l'Atelier et se partage pré-ciblé sur cet élève seul. Il a demandé le lundi soir, il a sa réponse le mardi matin, sans mail, sans ENT, sans photocopie.
Pour les difficultés partagées, un parcours de remédiation ciblé est généré et distribué via le portfolio (Parcours de remédiation personnalisés).
D'octobre à mars : le rythme du collège
Les mois suivants s'installent dans une cadence régulière : une séance par semaine et par classe, une évaluation par classe toutes les deux à trois semaines (un contrôle court, un compte rendu de TP, une exploitation documentaire), soit cinq à six paquets de copies par mois qui passent tous par la même chaîne, devenue routinière.
L'Atelier est sollicité presque chaque jour : une fiche sur les circuits en dérivation en quatrième, une séquence sur la gravitation en troisième, une résolution de problème sur la vitesse. Tous les contenus rejoignent la bibliothèque Mes contenus et restent accessibles pour duplication ou adaptation à une autre classe. Pour les automatismes qui demandent un apprentissage structuré (les conversions, les symboles normalisés, les formules de référence), le template Enseignement explicite structure modelage, pratique guidée, pratique autonome et révisions espacées à J+1, J+7, J+30 (L'enseignement explicite : mode d'emploi).
Entre les séances, le wizard d'exercices interactifs du Studio prend le relais, et le format s'y prête : QCM sur les symboles électriques, appariement (une grandeur et son unité, un appareil et ce qu'il mesure), vrai-faux à justifier sur les changements d'état, remise en ordre des étapes d'un protocole, schéma à compléter avec légendes glissées-déposées. Le scoring est déterministe pour les types fermés : dix bonnes réponses font exactement dix sur dix, sans appel IA, sans dérive possible. Le dashboard de résultats montre le taux de réussite, les questions les plus ratées et un profil de compétences agrégé par classe.
Sur douze classes, un autre geste a trouvé sa place, et son gain se mesure à l'échelle : le cahier de textes. À la fin de chaque séance, deux champs à remplir dans la progression (contenu de séance, travail à faire) et un bouton Publier. La même saisie produit un bloc de texte propre à coller dans Pronote, et une section sur le portfolio de la classe, où l'élève absent retrouve ce qui a été fait, avec les documents distribués cliquables quand ils ont été partagés. Douze classes, douze cahiers de textes, plus aucune rédaction en double. Et en arrière-plan, chaque paquet corrigé se rattache à son chapitre dans la progression (EvalIA suggère le lien, l'enseignant confirme d'un clic) : l'onglet Réalisé confronte, niveau par niveau, le prévu d'août au fait de l'hiver.
Pour les quatre classes de troisième, à partir de la mi-janvier, le chatbot d'entraînement DNB entre en scène, monté sur le corpus de sujets des sessions passées via le mécanisme RAG, et mis à disposition via le portfolio : un canal balisé, contrôlé par l'enseignant, plutôt que ChatGPT en roue libre (Élèves et ChatGPT : le vrai problème). Avant le brevet blanc de fin mars, un quiz live projeté en classe passe en revue les automatismes. Les conversions d'unités restent, comme chaque année, un point de friction.
Pronote : le pont avec l'ENT du collège
L'option Pronote bridge, connectée dès septembre par QR code en chiffrement AES-GCM côté client (les identifiants ne quittent jamais le navigateur), rend trois services : retrouver le cahier de textes Pronote depuis EvalIA, synchroniser les notes, et pousser notes et appréciations générées dans EvalIA directement vers Pronote, sans recopie. Sur douze classes et plusieurs centaines de notes par trimestre, la fonctionnalité change l'équilibre du travail administratif (Pronote, bureau virtuel de l'enseignant).
Avril et mai : finir le programme cycle 4
Le brevet blanc digéré, il reste une course à mener pour les troisièmes : l'énergie et ses conversions n'est pas bouclé, le chapitre signaux reste entier. C'est ici que la progression posée en août cesse d'être un document de rentrée pour devenir un instrument de pilotage. Le brevet blanc a mangé une semaine, un TP a sauté pour cause de sortie, et le diagnostic le sait, parce que le budget temps se calcule toujours à partir d'aujourd'hui, jamais depuis septembre. Fin avril, sur la progression des troisièmes, le panneau de cohérence passe en mode faisabilité : ce qui tient dans les semaines restantes, ce qui doit être sanctuarisé parce que c'est un attendu de fin de cycle, ce qui peut être compressé sans dommage. Le chapitre signaux est resserré en glissant ses bornes sur la frise, la production d'électricité est protégée, et tout se recalcule en direct. Le diagnostic conseille, il ne bloque jamais : les arbitrages restent ceux de l'enseignant. Mais la question qui serrait l'estomac chaque mois de janvier (« est-ce que je vais finir avant le brevet ? ») a, pour la première fois, une réponse chiffrée et des pistes de recalage.
Le programme des troisièmes se boucle le dernier vendredi de mai, comme l'avait prévu le recalage d'avril, compressé en connaissance de cause plutôt que sacrifié en panique. C'est toute la différence avec les années précédentes.
Juin : appréciations en deux vagues, révisions DNB, puis épreuve
Comme pour la collègue de SVT, les conseils de classe s'étalent en deux vagues : les troisièmes d'abord, calées sur le calendrier d'orientation, puis les autres niveaux à la mi-juin. Environ trois cents appréciations au total. Depuis le tableau de notes et le profil de compétences accumulé, EvalIA propose en quelques secondes une appréciation par élève, ancrée dans la philosophie du profil d'évaluation et la progression individuelle. On relit, on ajuste, on valide : aucune appréciation n'est publiée sans relecture humaine (Appréciations de bulletin personnalisées par l'IA).
La première semaine de juin marque la bascule pour les troisièmes : place aux révisions. Le profil de compétences accumulé depuis septembre dessine pour chaque élève une carte précise de ses fragilités : les uns retravaillent les circuits, les autres les conversions, d'autres la rédaction d'une démarche. Sujets type brevet calibrés dans l'Atelier, parcours de remédiation relancés en ciblé, chatbot d'entraînement mis en avant dans le portfolio. Et une coordination nouvelle avec la collègue de SVT, puisque l'épreuve est commune : les deux moitiés des vingt-cinq points se révisent en miroir.
Le 29 juin, l'épreuve de sciences tombe à treize heures trente. Pour les troisièmes, l'année est jouée.
Ce qui se passe en arrière-plan, tout au long de l'année
Quelque chose tourne en silence pendant toute cette année. Toutes les analyses IA, sans exception, sont traitées sur les serveurs de Google Cloud à europe-west1, en Belgique. Aucune donnée ne quitte l'Union européenne. EvalIA est sous régime RGPD strict, hors du périmètre du CLOUD Act américain.
Tous les noms et prénoms d'élèves sont chiffrés en zero-knowledge avant tout stockage ou tout envoi à l'IA : l'IA ne voit jamais d'identité réelle, le déchiffrement n'a lieu qu'à l'affichage, côté client (Chiffrement zero-knowledge des noms d'élèves, Protection des données élèves : transparence totale).
Les copies déposées ne sont conservées que le temps utile à leur correction et à la consultation par l'élève. Aucune copie n'entraîne de modèle, aucune donnée n'est revendue. Et au cœur du moteur, plus d'une cinquantaine de garde-fous techniques empêchent l'IA d'halluciner des erreurs, de noter des éléments absents de la copie, de pénaliser deux fois la même erreur de calcul, ou de dériver entre les deux passes de l'analyse des schémas. Chaque correction passe par un audit interne et un hash de cohérence : si quelque chose ne tient pas, la copie est marquée pour relecture humaine prioritaire.
Ce qu'il reste en main
Au bout d'une année complète, le gain le plus tangible n'est pas le temps, même s'il a basculé d'un facteur quatre par paquet de copies. C'est la qualité du retour donné à chaque élève. Pour la première fois, chaque copie repart avec un feedback qui distingue la démarche du résultat, qui reconnaît une méthode juste malgré une erreur de calcul, qui nomme l'unité manquante plutôt que de la barrer en silence, et qui traite le schéma comme un objet à part entière avec ses critères propres. Pour la première fois, l'enseignant a la conviction d'avoir donné à la vingt-huitième copie la même attention qu'à la première. Et le retour est actionnable : l'élève qui comprend que c'est sa conversion, et non sa compréhension du circuit, qui lui coûte des points, sait quoi travailler, et trouve dans son portfolio la fiche et les exercices qui correspondent.
L'IA, à aucun moment, n'a pris une décision finale sans validation. Les progressions ont été redécoupées et recalées. Les barèmes ont été relus et ajustés. Les corrections ont été vérifiées et modifiées. Les appréciations ont été reformulées. Les schémas générés ont été retouchés dans l'éditeur d'images. EvalIA est un outil, pas un automate, et cette articulation est précisément ce qui distingue un usage durable d'un usage éphémère.
Côté quotas, la page dédiée affiche en permanence la consommation et permet d'ajuster le plan. La planification dans la progression annuelle ne consomme aucun quota IA. Les premiers usages restent gratuits.
Pour aller plus loin
Le parcours décrit n'est qu'un cas parmi d'autres. Un enseignant de lycée déclinera la même chaîne sur les exercices type bac, les ECE et la spécialité. Un enseignant de cycle 3 en sciences et technologie verra plus de productions courtes. Un enseignant de REP+ s'appuiera davantage sur les parcours de remédiation et les profils d'adaptation.
D'autres cas d'usage composent cette série : un prof de SVT en collège (la même épreuve du 29 juin, vue de l'autre moitié des points), un prof de maths en terminale spécialité, un prof d'histoire-géo en terminale et HGGSP, un prof de français en collège et un prof de SES en terminale.
Pour découvrir plus largement les fondations de l'évaluation par IA, on peut commencer par la page pilier Outils IA pour les enseignants ou parcourir le pilier Correction de copies par IA.
Si vous enseignez la physique-chimie en collège et que vous souhaitez tester EvalIA sur votre prochain compte rendu de TP, l'inscription se fait sur evalia.oriantation.fr. Les premiers usages sont gratuits, et l'enseignant garde à tout moment le contrôle complet sur ses données, ses barèmes, ses corrections et ses élèves.
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